Marco Lienhard : la force d'une rencontre.

Avant l’été je vous parlais d’Ondekoza, un des premiers groupes qui se sont affirmés sur la scène internationale. Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que, quelque part dans les années ‘80, un européen intégra le groupe. Il s’appelle Marco Lienhard et il est suisse. Je vous en parle parce que Marco a eu son rôle dans l’importation du taiko en Europe...

Je lui ai demandé de me raconter et voici sa gentille réponse : « Ma rencontre avec Ondekoza s'est faite un peu comme toutes les choses dans ce monde par chance. J’avais lu un article dans un journal Japonais quand j'étais à Osaka pour un échange culturel. Comme je m'intéressais beaucoup a la musique, je me suis dit que ça serait une bonne occasion de découvrir la musique japonaise. J’ai donc envoyé une lettre a Ondekoza. Après quelques semaines, ils ont pris contact et m’ont dit qu’ils allaient jouer à Osaka et que je devrais venir et les rencontrer. Je suis donc allé un jour de printemps a Osaka Festival Hall pour les voir jouer à la cérémonie de diplôme pour l’école culinaire de Tsuji. Nous avons regardé le spectacle des coulisses. C'était impressionnant de voir et d’entendre le Taiko pour la première fois dans une si belle salle. Il y avait aussi de la danse et un joueur de Shakuhachi… J’ai été complètement envoûté par la musique et tous les instruments. Après le spectacle, nous avons parlé avec Mr Den, qui était le directeur. Il m’a demandé ce que je faisais et j'ai expliqué que je faisais un échange culturel et pendant cette année, je voulais faire l’expérience de pleins de choses. Je faisais du volontariat dans un orphelinat et aussi dans le quartier de Kamagasaki je faisais le tour du quartier avec d'autres volontaires pour donner a manger et des couvertures à des gens qui n’avaient pas d’abris. Mr Den a trouvé ça très intéressant. Les Japonais ne faisaient pas de travail en volontariat, mais il y avait des étrangers qui venaient au Japon et faisaient du volontariat. Il trouvait ça épatant et rafraîchissant. J’ai aussi dit que je jouais du piano et de la flûte et que le Shakuhachi m’avait plu énormément et que j'aimerais bien apprendre a en jouer. Je fis donc la rencontre de M Furuya qui était un disciple d’un grand-maître. J’étais vraiment très content quand il m’a demandé si je voulais passer quelques jours avec eux. J’ai accepté l’offre et quelques semaines plus tard j’étais à Ikusaka. Le groupe se préparait pour une tournée en Espagne. J’ai essayé de m'entraîner avec eux. Il y avait beaucoup de course à pied. Pour moi, ce n’était pas mon fort. J’ai essayé de courir avec eux pendant quelques jours, puis un matin, les muscles de mes jambes ont fait grève et je pouvais à peine marcher. Le training consistait entre autres à faire des appuis faciaux et autres exercices de musculature avant de jouer sur les tambours. Je jouais un peu du shime daiko puis je regardais ce qu’il préparait pour la tournée. Il y avait quelques flûtes et j'ai donc essayé d’en jouer. Je faisais aussi un peu comme tout le monde la cuisine puis les corvées de nettoyage. C'était une vie assez dure, mais cela m’a beaucoup plus. J'ai demandé si c'était possible, après mon échange culturel en août, de pouvoir revenir dans le groupe et rester quelques mois. Mr Den a accepté et c'est ainsi que ma vie avec Ondekoza a débuté. Quand je suis revenu, nous avons passé que quelques semaines a Nagano avant de déménager a Nagasaki. Je ne savais pas qu’il y avait un autre groupe sur l'île de Sado. Petit à petit, j ai entendu les histoires de Den San. Il me semblait très charismatiques et il parlait beaucoup. Cela m’a beaucoup aidé à apprendre le japonais de l’entendre parler et de nous raconter toutes sortes d’histoires. Les quelques mois allaient devenir des années. Je suis resté à jouer avec le groupe près de 18 ans et je suis resté au Japon 13 ans. Il y avait bien sûr des tournées à l'étranger entre temps. » Aujourd’hui Marco vit à New York, et pendant le confinement il nous a offert, tous les jours à 19h, heure de NY, un solo de taiko depuis la terrasse de sa résidence, en vidéo sur Facebook. Il fait de temps en temps des stages et des concerts en Europe. Il a une chaîne YouTube de diffusion d’aspects sympas de la culture japonaise. J’ai choisi pour vous le plus long (ahahaha!), car c’est un voyage dans la musique traditionnelle et ça nous présente non seulement son shakuhachi aimé, mais aussi le shinobue (min 12:00), le nohkan (min 16:00), le sasara (min 17:30), et à suivre chappa, chanchiki, shimé, okédo, odaiko, pour finir avec un extrait de concert de son excellent groupe Taikoza. Son anglais est assez facile à comprendre. Enjoy !



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