Amaterasu sort de sa caverne.

Voici une version théâtrale du conte mythologique sur la naissance du taiko. C’est un des plus importants et plus connus de la mythologie japonaise, mais en réalité il ne concerne pas vraiment le taiko. C’est un conte sur la lumière et les ténèbres, sur la vie qui revient après une crise, une pause, une « mort ». La preuve, c’est que dans la plupart des versions du même récit, l’élément qui convainc la déesse à sortir de sa caverne n’est pas un tambour mais un miroir. La déesse, curieuse, sort un peu sa tête de la caverne, sa lumière se reflet dans le miroir, elle se demande quelle divinité peut dégager une telle luminosité. Curieuse et vexée, elle sort pour mieux voir et hop, les autres divinités referment vite la caverne !


Cette fois, la protagoniste absolue des images que j'ai ajouté, c'est Ame no Uzume. Elle est la déesse protectrice de la danse et de la musique selon ce mythe, mais elle est avant tout la déesse liée à l'aube. C'est pourquoi elle est souvent représentée accompagnée de coqs, symboles de l'aube qui arrive.

Ici je vous publie le texte d’un spectacle qu’on a présenté à Hyères et à Fabrègues en 2017. Il est issu d’un atelier d’écriture de personnes passionnées par la littérature mais qui ne connaissent pas la culture japonaise. On leur a soumis la légende originaire et voilà ce qu’il en est sorti ! Mythologie japonaise en sauce française, par Anne Josée Hilaire, Pierre Laurier, Denis Cros, Sylvie Battle et Laurent Papin. Enjoy !

Amaterasu

Moi, Amaterasu Ohmikami, je suis celle qu'on appelle l'Auguste divinité qui illumine le ciel, déesse du soleil et reine des hautes plaines célestes.

Mes cheveux longs défaits flottaient en volutes de fumée dans les limbes d'ébène.

Avec mes servantes aux mains dociles et graciles, je tissais inlassablement la toile de l'Univers.


Susanoo, toi mon jeune frère incontrôlable, impatient et fier ! Tu as choisi le parti du mal.

Je me souviens de ce jour où, frère, tu fis souffler la tempête sur mon jardin fleuri.

O Susanoo, monstre odieux, pourquoi as-tu écorché mon innocent cheval, pourquoi l'as-tu lancé de toutes tes forces à travers mon tissage sacré?

Moi, Amaterasu, remplie d'une colère fulgurante, j'ai décidé de me cacher dans les profondeurs de

l'Ame-no-Iwato, sombre et humide caverne. D'une lourde pierre, j'en ai colmaté l’issue.

O Susanoo, par ta faute, ma retraite dans l'Ame-no-Iwato a plongé l'univers dans l'obscurité !

Conteur

La plus importante des divinités japonaises est en colère. Les autres divinités, les kamis, sont consternées.

Tous les kamis de la création se réunissent.

« Assez du chaos »

« Assez des ténèbres »

« Amaterasu doit sortir »

Ils se mettent en route. Regardez cette longue file ininterrompue qui gravît les montagnes.

Regardez leurs beaux habits de soie.

Le bleu. Le rouge.

Le jaune. Le vert.

Leur nombre est immense.

Maintenant rassemblés devant la grotte.

Les plus forts essayent de faire bouger le rocher.

Ah ! Han !! Leurs efforts n’y peuvent rien.

Les anciens se rassemblent :

« Il faut trouver une solution »

Tous réfléchissent.

Se lève alors le plus rusé qui dit « Nous allons la rendre jalouse »

Il appelle le forgeron :

« Ishikori Dome, toi le dieu forgeron à l’œil unique, tu fabriqueras le plus beau des miroirs »

Ishikori Dome chauffe le fer au rouge, attise sa forge.

Il travaille plusieurs jours.

Il apporte à la foule son ouvrage, un miroir octogonal, énorme, resplendissant : Le Yata no Okagami !

On l’accroche à un arbre face à la grotte.

« Et maintenant ? » (chœur)

« Et maintenant faisons la fête !!! , faisons du bruit ! "

Regardez Ama No Uzume. C’est la déesse de la gaieté, la bien nommée.

Elle est monté sur un énorme tonneau, elle danse, elle tape des pieds.

Elle tourbillonne.

Ses vêtements virevoltent.

Elle tourne, tourne, tourne.

Statue d'Ame no Uzume dans l'Amenoiwato-jinja.

Aaah, Aaah, Aaah !

Les exclamations fusent de partout.

Amaterasu

Moi Amaterasu, j'entends les rires et les cris

au dehors :

Je suis soudain rongée par une curiosité et une jalousie brûlante.

Je jette un œil hors de la caverne.

De la lumière, alors que je ne suis pas là, comment est-ce possible? Mais non !

Je réalise soudain que cette lumineuse déesse devant moi n'est autre que... moi.

Moi Amaterasu, piégée par ma curiosité et ma vanité, je suis alors loin de l'Ama no Iwato, ma caverne.

Je me hâte, je cours vers mon refuge.

Conteur

Mais Tajikarawo, dieu magnifique dont la force est connue de tous, s’interpose.

D'un geste rapide, il fait rouler la lourde pierre.

Amaterasu ne peut plus se cacher, c’en est fini de sa paisible retraite.

Les kamis l’entourent et la prient de rester avec eux. Personne ne veut retomber dans le noir.

Elle sourit.

Qu’en ce jour mémorable le soleil illumine les cieux, la terre et les champs et …

Maintenant, que la fête commence !

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