Histoire ancienne du taïko

Est-ce que la civilisation japonaise est aussi ancienne que la chinoise et la coréenne ? Pour avoir un repère, pensons qu’en Chine l’empereur Qin Shi Huangdi commande la construction de la Grande Muraille en 221 AVANT J.C.… Au Japon, c’est pendant le IV et V siècle APRÈS J.C. que nous voyons des structures politiques se constituer ; nous connaissons les premières sociétés organisées par le biais de pièces archéologiques, du moment que l’écriture n’existe pas encore à ce stade là. Les chinois commencent à naviguer et à explorer les îles japonaises et les échanges commencent, autour du VI siècle. Le Japon importe ainsi un signe de civilisation majeur : l’écriture. L’écriture chinoise est idéographique et pas phonétique comme la nôtre. C’est à dire qu’un signe graphique exprime un concept (par ex. « maison ») et pas un son (par ex. G). Une écriture ainsi faite se croise avec une langue complètement différente du chinois, ce qui donne vie à un phénomène linguistique parmi les plus intéressants du monde. J’avoue que, quand j’ai choisi d’étudier le japonais à l’université en 1987, je ne savais pas tout cela : je ressentais juste l’appel de mon deuxième chez-moi, un appel vague. Mais après, un monde linguistique charmant s’est ouvert à moi. Et pas que linguistique ! Les chinois ont également exporté le bouddhisme, à son tour arrivant d’Inde et Népal, qui s’est fortement répandu au Japon, avec une variété d’écoles : Tendai, Shingon, Nichiren et bien d’autres. Le shintoïsme, de son côté, est né au Japon et n’en est jamais sorti, demeurant une religion nationale. Les deux religions sont syncrétiques : l’une n’empêche pas l’autre. Jusque là, les indigènes utilisent des percussions simples, pour la communication et pour « parler avec les divinités » ; dans toutes les cultures du monde, les hommes primitifs ressentent les pouvoir du « divin » dans les grondements d’un tambour. C’est à ce moment là que des tambours plus sophistiqués arrivent de Chine et Corée. Et c’est en 702, apparemment, qu’un Département de Musique de la Cour Impériale naît. San-no-tsuzumi, Furi-tsuzumi, Dadaiko, Tsuri-daiko, Ninai-daiko, Kakko, Kaiko, c’est des tambours de plusieurs formes et couleurs qui égayent l’empereur et les aristocrates lors des fêtes et cérémonies. Ce qui est incroyable c’est que ce Département existe toujours !

En 1192 l’époque Kamakura commence, les samouraïs gagnent du pouvoir, le Japon dit féodal s’installe et les arts de scène se détachent de l’influence chinoise et coréenne. Des spectacles uniquement appartenant à la culture japonaise naissent. Le taiko est présent dans les pièce théâtrales Noh au XV siècle et ensuite rentre dans l’orchestre de Nagauta (la musique qui accompagne les pièces théâtrales Kabuki) en 1740.

Certes, le taiko est désormais protagoniste dans les théâtres, mais il demeure dans la vie religieuse : continuent les cérémonies dans les temples bouddhistes et dans les sanctuaires shinto où souvent c’est le prêtre qui doit autoriser un joueur à toucher au tambour ; les fêtes de village de remerciement et de prière pour le récolte ; les danses à caractère sacré; et ce, tout le long de l’histoire japonaise, même au XXI siècle.


Voici l’histoire du taiko traditionnel. Le taiko moderne, celui que l’on joue aujourd'hui un peu partout dans le monde, a une histoire différente. Mais elle a ici ses racines.

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